Saturday, January 20, 2007

Maupassant, le bon sauvage.

Relu Maupassant hier. Limpidité, bonheur, style, propreté, rafinement, pureté inouie. Pourtant qu’il semble loin de nous. Un être exquis de « l’ancien régime » si on le compare à Proust, qu’il a pourtant connu. Vingt ans séparent cet enfant du XXe siècle de son aîné...

Maupassant écrivain mineur? Il faut avoir écrit un quart de siècle avec passion pour y voir clairement le contraire. Une autre école serait-on alors tenté de déclarer. Sedan, le réalisme, oui, à la rigueur... Le fossé est si vaste.

Avec Maupassant, il s’agit bien d’une autre époque, d’un autre type d’homme ; une approche sepia du désespoir auquel déjà quelques auteurs associaient une modernité beaucoup plus dépersonnalisante...

Maupassant en était resté au désastre de 70, d’autres comme Nietzsche voyaient déjà le cataclysme de 14.

Derrière l’auteur de Mont Auriol, je ne vois qu’un « bon sauvage » ; dans un certain sens une régression déplorable si on compare la littérature du début de la troisième république à l’époque révolutionnaire.
Ces hommes d’avant 14 portaient en eux l’éternité, un sentiment d’immuable, une confiance primitive en l’Occident.



Se donner à l’écriture est funeste. Après des années de pratique sur le tour, la libération ne vient pas avec la technique. Il faut un regard barbare sur le monde. Le style peut ne jamais s’affirmer... Les écrivains sans oeuvre sont légions.
Un long moment de repos... qui me permettrait de lire... Voilà où j’en suis. Des centaines de pages d’un autre âge... Maupassant serait alors sur le haut de la pile.

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